L'édito d'Anne CHATAIN et de la secrétaire générale pour Le Lien n°319

18 juin 2020
L'édito d'Anne CHATAIN et de la secrétaire générale pour Le Lien n°319

Protéger, rassurer, maintenir le lien


Tel était le leitmotiv ces dernières semaines pour l’ensemble de nos représentants syndicaux. Maintenir une présence constante auprès des salariés et ne pas céder à l’anxiété générée par des injonctions officielles souvent contradictoires, demandait beaucoup de disponibilité et de courage et nous tenons à vous remercier pour votre remarquable implication.


Cette période de confinement généralisé a été intense en matière de questionnements juridiques et en heures de (télé)travail.

En jonglant entre les impératifs de production et les obligations familiales et scolaires parfois, nous sommes devenus des salariés hyper-polyvalents et acteurs de leur organisation (48% de salariés ont estimé faire plus d’heures en télétravail que sur leur poste habituel de travail).

Nous sommes heureuses de vous retrouver dans ce Lien Syndical du deuxième trimestre, les circonstances exceptionnelles ne nous ayant en effet pas permis de réaliser l’édition du premier trimestre. Dans ce numéro, nos représentants des différents secteurs - numérique, journalistes, édition, audiovisuel, postal, télécommunications, papier carton- dressent un tableau des situations contrastées des entreprises et de l’impact sur les salariés.

Les entreprises, diversement impactées, ont différemment utilisé l’arsenal de mesures mis à leur disposition de façon massive par les pouvoirs publics (chômage partiel, exonération de charge…). Dans les grandes entreprises principalement, les salariés ont été relativement mieux couverts.

Pour d’autres salariés, cette période pèse lourd financièrement, en particulier, ceux placés en arrêt maladie pour garde d’enfant, parfois seulement indemnisés par l’assurance maladie (environ un demi-salaire), ou encore les intermittents du spectacle, les intérimaires, et le personnel des entreprises qui déposent le bilan.

De nombreuses professions ont été appelées sur le terrain pour s’acquitter des obligations du quotidien et permettre à la majorité de la population de rester à l’abri du virus. Héros discrets, ils étaient dans les rues, au service des autres et le plus en risque.

Ils assurent le fonctionnement de nos systèmes informatiques et de télécommunication, livrent nos plis et nos commandes, diffusent les journaux, versent les prestations sociales, nous informent chaque jour… Nous avons voulu mettre à l’honneur ces salariés du secteur privé et agents du public des secteurs couverts par la Fédération, qui étaient et restent en première ligne.

A cet égard, il faut noter que la notion de service public (qui concerne de grandes entreprises de notre Fédération), largement battu en brèche ces dernières années au gré des coupes dans les budgets et des réorganisations incessantes, est revenu avec force sur le devant de la scène comme une évidence pour pouvoir vivre ensemble, surtout en période de crise.


Réfléchir, repenser, mieux vivre ensemble

Cette crise a eu un effet immédiat indéniable sur le rôle du représentant syndical dans l’entreprise et sur les relais pris par les militants et aura un impact certain sur le dialogue social. Nous devons le refonder, un peu comme le Conseil National de la Résistance le fit après-guerre, toutes proportions gardées. Notre réflexion sur le rôle de l’élu de demain et du sens du collectif va dans cette voie. Et il y a urgence !

Car, alors que les syndicats paraient au plus pressé pour assurer la protection de leurs collègues, d’autres proposaient de reconstruire l’économie en augmentant la durée du travail jusqu’à 60 heures hebdomadaires (Medef), ou de réduire les RTT et jours fériés et de différer le paiement des heures supplémentaires (Institut Montaigne). 

La Cour des Comptes s’est auto-saisi du sujet du paritarisme. Les accords régissant la prise de congés ont immédiatement fleuri sur les champs ouverts par les ordonnances liés à la loi d’urgence sanitaire. Une fois de plus ce sont les salariés qui seront amenés à faire des efforts, alors que dans le même temps les entreprises auront bénéficié des reports de leurs charges.

L’abandon (momentané ?) des réformes du système de retraite, de l’assurance chômage et le report des dates d’expulsion de logements montrent combien ces méthodes à la hussarde ne permettent pas à nos concitoyens de faire face à ces périodes de difficulté extrême.

De nombreux scientifiques estiment que la crise sanitaire sera récurrente sinon durable. Il est donc temps de réfléchir à la refondation d’une société plus autonome dans sa production locale, plus responsable dans ses modes de vie et de consommation, plus solidaire socialement comme dans le travail. 

Notre Fédération contribue à le faire, en répondant à vos questions juridiques, en vous informant, en imaginant les formations en ligne de demain et, grâce à des initiatives partagées par notre secteur numérique, en vous formant sur les émergents accords de performance collective à distance et, même, en vous offrant des sessions de bienêtre en ligne !

Si comme Winston Churchill, nous considérons qu’« un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté », alors, nous avons toutes les raisons de rester optimistes pour continuer à progresser collectivement.


Après ces mois pesants et difficiles, la période de trêve estivale sera évidemment bienvenue pour tous. Nous vous souhaitons, tout en prenant soin de vous et des autres, de profiter pleinement du soleil et des vacances !  



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